Qu’est-ce qu’un hypocondriaque ?

L’hypocondriaque n’est pas, comme son nom pourrait le laisser penser, un quasi-curé, plutôt stupide monté sur un cheval (hypo-con-diacre pour ceux qui n’auraient pas compris).

Non, point du tout.

« Serait-ce alors un collectionneur d’hippocampe ? » chuchote le sot qui sait pourtant qu’il ne faut pas dire de messe basse avec un diacre.

Ah ! Je ris, d’un large sourire, haut et franc. En voilà un qui n’a pas fait Hypocagne.

L’hypocondriaque est une personne fragile et délicate atteinte d’hypocondrie. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle se repend de ses péchés montée sur un cheval. Il ne faut rien exagérer. Laissons au diacre sa cure.

L’hypocondriaque est très angoissé pour sa santé. Dès qu’il s’agit de maladie ou de microbes, il monte sur ses grands chevaux. Il a peur en permanence d’avoir attrapé la grippe des oiseaux, celle des cochons et la mouche du coche.

Internet est l’outil idéal pour accentuer cette nosophobie. Attention, la nosophobie n’est pas une peur incontrôlable des museaux des chevaux, mais c’est plutôt une nosomanie qui n’a rien à voir avec le fait de se mettre ses doigts dans son nez qui est une sale habitude.

Ainsi, si l’hypocondriaque ressent une douleur dans la poitrine, il va vite déduire de ses lectures électroniques que l’infarctus le rattrape à la vitesse d’un cheval au galop. Il n’aura que l’embarras du choix entre l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde, l’embolie pulmonaire et la dissection de l’aorte. Il trouvera dans la liste des symptômes au moins un critère qui le conduira directement aux services des urgences de l’hôpital le plus proche.

Je le sais. Chaque fois que je vais à l’hôpital, je rencontre plein d’hypocondriaques. Un jour, j’ai eu une presque crise cardiaque. Et bien, il fallut que j’attende que toute une série d’hypocrites se fasse soigner. Il parait que le fait que je respirais normalement et que je n’avais aucun symptôme apparent me permettait d’attendre mon tour. Pourtant, j’avais le thrombus qui me chatouillait l’athérome et allait m’occluser l’artère. Je l’avais vérifié sur la Toile avant de venir. Si les médecins m’avaient écoutée, j’aurais pu avoir un traitement à faire pâlir d’envie un cheval malade.

« Dis donc, Daisy, tu ne serais pas un peu hypocondriaque sur les bords ? » demande un ami qui croit en être un. « Tout ça, c’est dans ta tête que cela se passe ! »

Mais puisque je vous dis que c’était dans la poitrine… à moins que je sois à deux doigts de la crise d’apoplexie ou de l’AVC fermé de l’intérieur ou un truc du genre qui vous explose les plombs et fait fondre les fusibles qui se touchent à l’intérieur du dedans de ma pauvre tête.

Je n’invente rien. Ce n’est pas comme ces affabulateurs des services d’urgence qui font semblant d’être malades pour se rendre intéressant. Il y en a même qui sont prêts à se couper un bras pour passer en premier. Tous des déséquilibrés du miasme, je vous dis.

Il ne faut pas se fier aux hypocondriaques. Ce sont tous des malades.

Daisy Lewis

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