Bons baisers d’Olympe de Gouges

Montauban 1748-Paris 1793

Olympe de Gouges aurait pu être à l’origine du mot « goujat », mot qui n’a pas de féminin et je l’aimerais déjà pour cela.

En fait, elle écrivit la Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne pendant l’époque euphorique, grandiose et tranchante de la Révolution Française.

« Art 1 : La femme nait libre et demeure l’égale de l’homme en droit. »

C’est amusant de constater que les têtes tombent, mais au fond rien ne change.

On lui doit quelques maximes bien troussées, comme on aimerait en lire plus souvent.

« Il n’y a qu’une crise d’enthousiasme qui puisse sauver l’état »

« Le passé peut servir d’exemple, mais il ne doit pas servir de loi »

« Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les franchir ; vous n’avez qu’à le vouloir. »

Et ma préférée :

« Quand on a l’estime de soi, on est au dessus des préjugés. »

Elle a dit aussi :

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même fondamentales. La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit aussi avoir le droit de monter à la tribune ».
Art10 des droits de la Femme et de la Citoyenne.

Pince-sans-rire, Robespierre l’a prise au mot et l’envoya sous la guillotine du gentil citoyen Guillotin en 1793. Il faut dire qu’elle l’avait bien cherché. Elle avait lancé à la face du bon père la Terreur plus rouge de la colère que rouge de la révolution :

« Toi, Robespierre, désintéressé, toi, philosophe, toi, ami de tes concitoyens, de l’ordre et de la paix ! Tu oses le dire ? Ah ! Si cela est, malheur à nous ! Car quand un méchant fait le bien, il prépare de grands maux ! »

— « Cette femme a perdu la tête !  lança un anonyme.
— Pas encore, répondit un citoyen invisible et goguenard. Mais cela ne saurait tarder ! »

En ces temps de révolution – que l’on nous chante volontiers aujourd’hui comme un modèle en soi sans garder la distance nécessaire que nous donne l’Histoire – la femme montait à l’échafaud en égale de l’homme. Pour le vote et la tribune, elle attendra plus de 150 ans. Pour la présidence, elle patiente encore.

Daisy Lewis

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